- Le délai de carence Sécurité sociale : les indemnités journalières maladie sont versées par la CPAM à partir du 4e jour d'arrêt.
- Le montant maximum des IJ maladie en 2026 : il s'élève à 41,95 € bruts par jour depuis l'abaissement du plafond à 1,4 SMIC.
- Le calcul de l'IJ maladie : elle représente 50 % du salaire journalier de base, calculé sur les 3 derniers mois de salaire brut.
- Le maintien de salaire par l'employeur : il débute au 8e jour d'arrêt et couvre 90 % du salaire brut pendant 30 jours minimum.
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Indemnités journalières maladie en 2026 : ce qui a changé
Lorsqu'un salarié est en arrêt maladie, deux systèmes d'indemnisation se cumulent : les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), versées par la CPAM à partir du 4e jour, et l'éventuel maintien de salaire par l'employeur, qui prend le relais à partir du 8e jour pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté.
En 2026, les montants ont été modifiés par deux évolutions importantes : la revalorisation du SMIC au 1er janvier 2026, et surtout la réforme du décret n°2025-160 du 20 février 2025, qui a abaissé le plafond de calcul de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC pour tous les arrêts débutant depuis le 1er avril 2025. Le montant maximum des IJ s'élève désormais à 41,95 € bruts par jour, contre 53,31 € avant la réforme.
Indemnisation par la Sécurité sociale : calcul et montants 2026
Les indemnités journalières maladie sont versées par l'Assurance Maladie (CPAM ou MSA) à partir du 4e jour d'arrêt, après un délai de carence de 3 jours. Ce délai de carence s'applique à chaque nouvel arrêt, sauf si la prolongation fait suite au même arrêt ou si le salarié reprend le travail moins de 48 heures entre deux arrêts pour la même affection.
Conditions d'ouverture des droits
Pour bénéficier des IJ pendant les 6 premiers mois d'arrêt, le salarié doit remplir l'une des deux conditions suivantes à la date de l'arrêt :
- Avoir travaillé au moins 150 heures durant les 3 mois précédant l'arrêt
- Avoir cotisé, au cours des 6 mois précédant l'arrêt, sur une rémunération au moins égale à 1 015 fois le SMIC horaire (soit 12 200,30 € pour un arrêt débutant en janvier 2026, sur la base de 12,02 €/heure)
Pour les arrêts de plus de 6 mois, des conditions supplémentaires s'appliquent : affiliation à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois et 600 heures travaillées au cours des 12 derniers mois.
Calcul du montant de l'indemnité journalière
L'IJ maladie est égale à 50 % du salaire journalier de base (SJB). Ce salaire journalier est calculé comme suit :
SJB = somme des 3 derniers salaires bruts / 91,25
Le salaire brut pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel, soit :
- 2 522,52 €/mois pour les arrêts débutant en janvier 2026 (SMIC au 1er novembre 2024)
- 2 552,24 €/mois pour les arrêts débutant à compter du 1er février 2026 (SMIC au 1er janvier 2026)
Ce plafond a été abaissé de 1,8 à 1,4 SMIC depuis le 1er avril 2025 (décret n°2025-160). Avant la réforme, le plafond était de 3 281,45 €/mois et l'IJ maximale atteignait 53,31 €. La baisse est significative pour les salariés dont la rémunération dépasse 1,4 SMIC : ils subissent mécaniquement une réduction de leur indemnisation, tandis que l'obligation de maintien de salaire de l'employeur augmente d'autant.
Montant maximum des IJ maladie en 2026
| Période de l'arrêt | Plafond salaire retenu | IJ maximale brute |
|---|---|---|
| Arrêts prescrits en janvier 2026 | 2 522,52 €/mois | 41,47 €/jour |
| Arrêts prescrits à partir du 1er février 2026 | 2 552,24 €/mois | 41,95 €/jour |
Exemple de calcul concret en 2026
Un salarié perçoit un salaire brut mensuel de 2 000 € et part en arrêt maladie le 10 février 2026 :
- SJB = (2 000 € × 3) / 91,25 = 65,75 €
- IJ = 65,75 × 50 % = 32,87 € par jour
Ce montant est inférieur au plafond de 41,95 €, donc c'est bien 32,87 € qui sont versés. Pour un salarié gagnant 3 000 €/mois (au-dessus du plafond de 2 552,24 €), son SJB est plafonné à 83,90 € et son IJ est limitée à 41,95 €/jour.
Majoration des IJ pour 3 enfants à charge
L'indemnité journalière est majorée à 66,66 % du SJB à partir du 31e jour d'arrêt continu, pour les salariés ayant au moins 3 enfants à charge. Ce taux majoré s'applique dans les mêmes limites de plafond que l'IJ de base.
Prélèvements sociaux et imposition des IJ
Les IJ maladie sont soumises aux prélèvements sociaux et à l'impôt sur le revenu :
- CSG : 6,2 % sur l'IJ brute
- CRDS : 0,5 % sur l'IJ brute
- Soit un prélèvement total de 6,7 % sur l'IJ brute
- Les IJ nettes sont ensuite imposables à l'impôt sur le revenu, déclarées automatiquement par l'Assurance Maladie
Maintien de salaire par l'employeur : les règles applicables en 2026
Parallèlement aux IJ versées par la Sécurité sociale, l'employeur est tenu de maintenir une partie du salaire sous certaines conditions. Ce maintien de salaire couvre la période non indemnisée par la SS (les 3 premiers jours) ainsi qu'un complément au-delà.
Les conditions du maintien de salaire
Pour bénéficier du maintien de salaire par l'employeur, le salarié doit remplir cumulativement les conditions suivantes :
- Justifier d'une ancienneté d'au moins 1 an dans l'entreprise (calculée à partir du premier jour d'absence)
- Avoir transmis à l'employeur le certificat médical dans les 48 heures suivant l'arrêt
- Être affilié à un régime de Sécurité sociale ouvrant droit aux IJ
- Recevoir des soins en France ou dans un pays de l'Espace Économique Européen (EEE)
- Ne pas être travailleur à domicile, salarié saisonnier, intermittent ou temporaire
Depuis 2023, le versement effectif des IJ par la Sécurité sociale n'est plus une condition pour bénéficier du maintien de salaire employeur. C'est une évolution importante : même si la CPAM suspend ou refuse les IJ, l'employeur reste tenu de verser son complément si toutes les autres conditions sont remplies.
Montant et durée du maintien de salaire
Un délai de carence de 7 jours s'applique côté employeur : le maintien de salaire débute donc à partir du 8e jour d'arrêt. Pendant les 3 premiers jours (carence SS), aucune IJ n'est versée non plus, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
Le maintien de salaire fonctionne comme suit, en complément des IJ de la Sécurité sociale :
| Période d'arrêt | Niveau de maintien | Durée selon ancienneté |
|---|---|---|
| Première tranche | 90 % du salaire brut | 30 jours (1 à 5 ans d'ancienneté), puis +10 jours par tranche de 5 ans (jusqu'à 90 jours pour 20 ans et plus) |
| Deuxième tranche | 2/3 du salaire brut (66,66 %) | 30 jours (1 à 5 ans), puis +10 jours par tranche de 5 ans |
Ces durées d'indemnisation s'entendent en jours calendaires. Si le salarié a déjà été indemnisé par l'employeur pour d'autres arrêts dans les 12 mois précédents, ces jours sont déduits.
Les conventions collectives peuvent prévoir des conditions plus favorables pour le salarié : maintien de salaire plus long, taux plus élevé, délai de carence réduit ou supprimé. L'employeur a l'obligation d'appliquer ces dispositions si elles existent dans la convention applicable.
Arrêt maladie et congés payés : la réforme d'avril 2024
Depuis le 24 avril 2024 (loi n°2024-364), les salariés en arrêt maladie d'origine non professionnelle acquièrent des congés payés pendant toute la durée de leur arrêt, à raison de 2 jours ouvrables par mois (contre 2,5 jours en activité normale).
Cette réforme, issue d'une mise en conformité avec le droit européen, comporte un délai de prescription particulier. Les salariés actuellement en activité ont jusqu'au 23 avril 2026 pour réclamer les congés payés acquis au titre d'arrêts maladie survenus après le 1er décembre 2009. Passé ce délai, ces droits sont définitivement perdus.
L'employeur a l'obligation d'informer le salarié, dans le mois qui suit sa reprise de travail, du nombre de jours de congés payés dont il dispose et de la date limite pour les prendre.
Ce que la réforme de 2025 change concrètement pour les salariés bien rémunérés
La baisse du plafond de 1,8 à 1,4 SMIC depuis le 1er avril 2025 peut sembler technique, mais ses effets sont très concrets pour les salariés dont la rémunération dépasse 2 552 €/mois.
Prenons un cadre gagnant 4 000 € bruts par mois. Avant le 1er avril 2025, son SJB était calculé sur la base de 1,8 SMIC (3 281,45 €), ce qui donnait une IJ de 53,80 € puis limitée au plafond de 53,31 €. Depuis le 1er avril 2025, ce même salarié ne peut plus prétendre qu'à l'IJ plafonnée à 41,95 € par jour.
La différence : 11,36 € par jour. Sur un arrêt d'un mois (30 jours, dont 3 jours de carence), cela représente une perte d'environ 307 € d'indemnités Sécurité sociale. Cette perte est théoriquement compensée par l'obligation de maintien de salaire employeur, si la convention collective ou l'accord d'entreprise le prévoit.
Mais ce transfert de charge de la Sécu vers l'employeur a un impact direct sur le coût des arrêts maladie pour les entreprises. C'est pourquoi beaucoup d'employeurs ont renforcé leurs contrats de prévoyance collective depuis 2025 pour absorber ce différentiel. Si votre entreprise n'a pas encore adapté son régime de prévoyance, c'est un point à vérifier avec votre gestionnaire de paie ou votre expert-comptable.
Questions courantes sur les indemnités journalières de maladie
Quel est le montant maximum des indemnités journalières maladie en 2026 ?
Le montant maximum des IJ maladie est de 41,95 € bruts par jour pour les arrêts prescrits à compter du 1er février 2026. Pour les arrêts prescrits en janvier 2026, le plafond était de 41,47 €. Ce montant est calculé sur la base de 1,4 fois le SMIC mensuel (2 552,24 € en 2026), conformément au décret n°2025-160 du 20 février 2025, en vigueur depuis le 1er avril 2025.
Quand les indemnités journalières commencent-elles à être versées ?
La Sécurité sociale applique un délai de carence de 3 jours : les IJ sont versées à partir du 4e jour d'arrêt. Côté employeur, le délai de carence est de 7 jours : le maintien de salaire débute au 8e jour. Certaines conventions collectives prévoient la suppression du délai de carence employeur, voire la prise en charge des 3 premiers jours de carence SS.
Comment calcule-t-on le salaire journalier de base pour les IJ ?
Le salaire journalier de base (SJB) est égal à la somme des 3 derniers salaires bruts divisée par 91,25. Ce calcul est plafonné à 1,4 SMIC mensuel (2 552,24 € en 2026). Pour les salariés saisonniers ou à activité discontinue, le SJB est calculé sur les 12 derniers mois divisés par 365.
Les IJ maladie sont-elles imposables ?
Oui. Les IJ maladie sont soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %) à la source, soit 6,7 % de prélèvements sociaux sur le brut. Le montant net est ensuite déclaré automatiquement à l'impôt sur le revenu par l'Assurance Maladie. Le salarié n'a pas de démarche spécifique à effectuer.
L'employeur est-il obligé de maintenir le salaire en cas d'arrêt maladie ?
Oui, si le salarié remplit les conditions (au moins 1 an d'ancienneté, certificat transmis dans les 48 heures, soins en France ou dans l'EEE, régime hors saisonniers/intermittents). L'employeur maintient 90 % du salaire brut pendant 30 jours minimum (période augmentée selon l'ancienneté), puis 66,66 % pendant 30 jours supplémentaires. Ce maintien vient en complément des IJ versées par la Sécu et non en substitution.
Un salarié peut-il acquérir des congés payés pendant un arrêt maladie ?
Oui, depuis la loi du 24 avril 2024. Les arrêts pour maladie non professionnelle permettent désormais l'acquisition de 2 jours ouvrables de congés payés par mois d'arrêt. Pour les arrêts professionnels (accident du travail, maladie professionnelle), l'acquisition reste de 2,5 jours par mois dans la limite d'un an. Les salariés en activité ont jusqu'au 23 avril 2026 pour réclamer les congés acquis au titre d'arrêts survenus après le 1er décembre 2009.
Quelle est la durée maximale de versement des IJ maladie ?
Les IJ maladie de droit commun sont versées pendant au maximum 360 jours sur une période de 3 ans glissants. Au-delà de 6 mois d'arrêt continu (affection de longue durée), des conditions d'affiliation supplémentaires s'appliquent. Dans certains cas (ALD, affection grave), les droits peuvent être prolongés jusqu'à 3 ans.
Sources et références
Service-public.gouv.fr - https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3053
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