- La méthode par le chiffre d'affaires : elle évalue le fonds entre 50 % et 70 % du CA TTC, selon l'emplacement et la rentabilité.
- La méthode par l'EBE : elle multiplie l'excédent brut d'exploitation moyen par un coefficient de 2 à 3,3 selon le salon.
- L'emplacement et le bail commercial : ils sont les premiers facteurs de surcote ou de décote lors de l'évaluation d'un salon.
- Le prix moyen d'un salon de coiffure en 2026 : il se négocie généralement entre 50 000 € et 150 000 € pour un salon standard.
- L-Expert-Comptable.com : un expert dédié peut vous accompagner dans la valorisation et la cession de votre salon de coiffure.
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Les deux méthodes pour évaluer un salon de coiffure
L'évaluation d'un salon de coiffure repose sur deux méthodes complémentaires : la méthode par le chiffre d'affaires (la plus utilisée dans la profession) et la méthode par l'EBE (Excédent Brut d'Exploitation), qui mesure la rentabilité réelle. Une évaluation sérieuse combine les deux.
| Méthode | Base de calcul | Fourchette 2026 | Avantage | Limite |
|---|---|---|---|---|
| Méthode CA | CA TTC annuel moyen (3 ans pondérés) | 50 % à 70 % du CA TTC (marché) / 30 % à 80 % du CA HT (barème Francis Lefebvre) | Simple, rapide, référence professionnelle | Ne tient pas compte de la rentabilité réelle |
| Méthode EBE | EBE moyen 3 ans x coefficient | EBE x 2 à 3,3 | Reflète la capacité bénéficiaire réelle | Plus technique, nécessite les bilans |
Un salon avec un bon CA mais une masse salariale déséquilibrée peut avoir une faible rentabilité — et donc être surévalué par la seule méthode CA. À l'inverse, un salon modeste mais très bien géré sera sous-évalué. Combiner les deux méthodes est indispensable pour fixer un prix juste.
Méthode 1 : l'évaluation par le chiffre d'affaires
C'est la méthode de référence dans la coiffure. On applique un coefficient au CA TTC moyen pondéré sur 3 ans, en donnant un poids plus fort à l'année la plus récente — elle reflète mieux la réalité économique actuelle du fonds.
Calcul du CA TTC pondéré
| N (année la plus récente) | N-1 | N-2 | Total | |
|---|---|---|---|---|
| CA HT | 150 000 € | 140 000 € | 130 000 € | |
| CA TTC (× 1,10) | 165 000 € | 154 000 € | 143 000 € | |
| Pondération | × 2 | × 1 | × 1 | |
| Total pondéré | 330 000 € | 154 000 € | 143 000 € | 627 000 € |
| CA TTC pondéré (÷ 4) | 156 750 € | |||
Application du barème
Le barème professionnel (Francis Lefebvre, 10e édition) situe la valeur du fonds entre 30 % et 80 % du CA HT. En pratique, les prix de marché constatés en France se situent plutôt entre 50 % et 70 % du CA TTC pour la majorité des transactions. Les fonds très bien situés ou très rentables peuvent dépasser 100 %.
| Coefficient appliqué | Valeur estimée du fonds | Profil correspondant |
|---|---|---|
| 50 % | 78 375 € | Salon moyen, emplacement standard, matériel vieillissant |
| 60 % | 94 050 € | Bon emplacement, clientèle fidèle, bilan sain |
| 70 % | 109 725 € | Emplacement n°1, faible loyer, notoriété établie |
Méthode 2 : l'évaluation par l'EBE
L'EBE (Excédent Brut d'Exploitation) mesure ce que le salon génère réellement avant amortissements, charges financières et impôts. C'est l'indicateur de rentabilité opérationnelle. On le calcule ainsi :
EBE = Résultat d'exploitation + Dotations aux amortissements
On prend ensuite l'EBE moyen corrigé sur 3 ans — en retraitant les éléments liés à la personnalité du cédant (rémunération atypique, charges non récurrentes) — et on le multiplie par un coefficient de capitalisation.
| Situation du salon | Coefficient EBE |
|---|---|
| Salon ordinaire, emplacement moyen | 2,0 à 2,5 |
| Bon emplacement, clientèle stable | 2,5 à 3,0 |
| Emplacement premium, forte notoriété | 3,0 à 3,3 |
Exemple : un salon dégage un EBE moyen corrigé de 35 000 € sur 3 ans. Avec un coefficient de 2,5 (bon emplacement, clientèle fidèle), la valeur estimée est de 87 500 €.
Confrontation des deux méthodes sur le même exemple
| Méthode | Base | Résultat |
|---|---|---|
| Méthode CA (60 %) | CA TTC pondéré : 156 750 € | 94 050 € |
| Méthode EBE (× 2,5) | EBE moyen corrigé : 35 000 € | 87 500 € |
| Fourchette de négociation | 87 500 € à 94 050 € |
La convergence des deux méthodes valide la fourchette. Un écart important entre les deux résultats doit alerter : soit le salon est très rentable malgré un CA modeste (méthode EBE favorable), soit il a un bon CA mais une rentabilité dégradée (méthode EBE défavorable).
Les critères qui font varier le prix
La masse salariale : le poste de charge le plus lourd
La masse salariale est le premier critère d'audit pour un repreneur. Les données de référence du secteur sont les suivantes :
- 38 % du CA en entreprise individuelle
- 56 % du CA en société
On calcule également le CA par salarié et on le compare aux statistiques de la profession. Un écart important signale soit une sous-productivité (effectif trop lourd), soit un risque de départ des coiffeurs clés à la cession — les clients étant souvent fidèles à leur coiffeur, pas au salon.
Attention au phénomène de "dépendance au cédant" : si le dirigeant réalise lui-même une part importante du CA, son départ peut provoquer une perte de clientèle significative. Ce risque justifie une décote sur le prix, parfois de 10 à 20 %.
Tableau des facteurs de décote et surcote
| Facteur | Surcote | Décote |
|---|---|---|
| Emplacement | Centre-ville, flux piétons élevé, visibilité, grande façade | Zone périphérique, accès difficile, peu visible |
| Bail commercial | Loyer faible, longue échéance, clause favorable | Loyer élevé (>10 % du CA), bail expirant bientôt |
| Matériel et agencement | Matériel récent, travaux récents, bon état général | Travaux importants à prévoir, matériel obsolète |
| Clientèle | Fichier client documenté, forte fidélité, mixte homme/femme | Clientèle concentrée sur le cédant, peu diversifiée |
| Équipe | Coiffeurs expérimentés, ancienneté, engagés à rester | Turn-over élevé, coiffeurs clés incertains |
| Rentabilité | EBE > 15 % du CA, trésorerie positive | EBE faible ou négatif, charges fixes élevées |
| Loyer / CA | Loyer < 8 % du CA | Loyer > 12 % du CA |
Les éléments corporels et incorporels à inventorier
Au-delà de la valorisation globale du fonds, acheteur et vendeur doivent s'accorder sur la valeur des actifs qui composent la cession.
Les éléments corporels comprennent le matériel de coiffure (bacs, fauteuils, séchoirs, mobilier), l'outillage, l'agencement et le stock de produits. Ils sont évalués à partir du bilan de l'entreprise, en tenant compte de leur vétusté et des travaux éventuels à prévoir. Le stock de produits est généralement inventorié le jour de la cession et valorisé séparément.
Les éléments incorporels — clientèle, droit au bail, enseigne, nom commercial — constituent souvent la majeure partie de la valeur du fonds. Le droit au bail est un élément clé : un bail à loyer modéré avec une longue durée restante peut valoir à lui seul plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Questions fréquentes sur l'évaluation d'un salon de coiffure
Quel est le prix moyen d'un salon de coiffure en France en 2026 ?
Les transactions se situent généralement entre 50 000 € et 150 000 € pour un salon de taille standard (2 à 4 salariés, CA entre 100 000 et 200 000 €). Les salons premium en centre-ville parisien ou dans les grandes métropoles peuvent dépasser 200 000 €. Un fonds recherché — bon emplacement, 50-60 m², loyer faible — se négocie couramment entre 120 000 € et 150 000 €.
Faut-il évaluer le salon en CA HT ou TTC ?
Les deux références coexistent. Le barème Francis Lefebvre exprime les coefficients en % du CA HT. La profession et les annonces de cession utilisent plutôt le % du CA TTC. Vérifiez toujours quelle base est utilisée avant de comparer deux évaluations — l'écart entre HT et TTC est de 10 % pour la coiffure (TVA à 10 % pour les prestations de coiffure).
Peut-on vendre un salon de coiffure sans repreneur qualifié ?
Non. La coiffure est une profession réglementée : le repreneur doit être titulaire d'un brevet professionnel (BP) coiffure ou d'un CAP coiffure avec 3 ans d'expérience, ou employer un salarié qualifié en possession de ces diplômes. Cette obligation réduit le nombre d'acheteurs potentiels et peut impacter le délai de cession.
Comment évaluer la clientèle d'un salon de coiffure ?
La clientèle est un actif incorporel difficile à quantifier précisément. Les indicateurs à analyser sont : le nombre de clients actifs sur les 12 derniers mois, le ticket moyen (autour de 34-35 € en moyenne nationale), la fréquence de visite, et surtout la part de clientèle attachée au salon vs. à un coiffeur spécifique. Un fichier client documenté (logiciel de caisse, historique des visites) augmente sensiblement la valeur perçue.
Quel rôle joue l'expert-comptable dans la cession d'un salon ?
L'expert-comptable intervient à plusieurs niveaux : préparation des 3 derniers bilans, calcul de l'EBE retraité, évaluation des actifs, audit fiscal avant cession, et conseil sur la structure juridique de la transaction (cession de fonds de commerce vs. cession de parts sociales). Faire appel à un expert-comptable spécialisé sécurise la transaction pour le vendeur comme pour l'acheteur.
Sources et références
Entreprise.api.gouv.fr - https://entreprise.api.gouv.fr/catalogue/dgfip/chiffres_affaires
Entreprendre.service-public.fr — Cession d'un fonds de commerce
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