- L'auto-entrepreneur ne cotise pas à l'assurance chômage : ses droits sociaux dépendent directement du chiffre d'affaires déclaré.
- Les cotisations auto-entrepreneur sont calculées sur le CA brut encaissé : le taux varie de 12,3 % à 25,6 % selon l'activité.
- Les indemnités journalières maladie sont plafonnées à 65,84 €/jour en 2026 : elles ne sont versées qu'après 12 mois d'affiliation.
- Les trimestres de retraite sont validés sur le CA brut annuel déclaré : l'abattement forfaitaire ne s'applique pas pour ce calcul.
- L-Expert-Comptable.com propose un accompagnement sur la protection sociale des indépendants : un rendez-vous gratuit est proposé.
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Protection sociale auto-entrepreneur : ce que couvrent vos cotisations en 2026
L'auto-entrepreneur est affilié au régime des Travailleurs Non Salariés (TNS) et rattaché au régime général de la Sécurité Sociale depuis la suppression du RSI en janvier 2020. Sa couverture sociale est proche de celle d'un salarié sur plusieurs points, mais diffère sur deux aspects majeurs : pas d'assurance chômage et des droits conditionnés au chiffre d'affaires déclaré. Un CA à zéro = aucune cotisation = aucun droit ouvert.
| Couverture | Organisme | Conditions |
|---|---|---|
| Assurance maladie (remboursements soins) | CPAM | Dès la première cotisation |
| Indemnités journalières maladie | CPAM | 12 mois d'affiliation + revenus > 4 806 €/an |
| Maternité / paternité | CPAM | 10 mois d'affiliation à la date prévue |
| Retraite de base | SSI / CIPAV selon activité | CA minimum selon seuils annuels |
| Retraite complémentaire | RCI (SSI) / CIPAV | Proportionnelle aux cotisations versées |
| Invalidité-décès | SSI | Dès affiliation |
| Allocations familiales | CAF | Conditions de ressources |
| Assurance chômage | Non couverte | Pas de cotisation |
Les taux de cotisations sociales en 2026
Les cotisations sont calculées directement sur le chiffre d'affaires brut encaissé, sans abattement. Elles sont déclarées chaque mois ou chaque trimestre sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
| Type d'activité | Taux 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises, hôtellerie-restauration (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Professions libérales non réglementées (BNC hors CIPAV) | 25,6 % |
| Professions libérales réglementées (CIPAV) | 23,2 % |
Depuis janvier 2026, la répartition des cotisations a évolué : une part plus importante est désormais fléchée vers la retraite complémentaire et la prévoyance, au détriment de la CSG/CRDS. L'objectif est de renforcer les droits futurs des micro-entrepreneurs, avec un gain estimé à environ 75 €/mois de pension supplémentaire à long terme.
L'ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise) permet de bénéficier d'une exonération de cotisations sociales pendant la première année d'activité. Le taux d'exonération est de 50 % pour les créations avant le 1er juillet 2026, puis réduit à 25 % à partir de cette date. La demande doit être effectuée dans les 60 jours suivant la création.
L'assurance maladie de l'auto-entrepreneur
Remboursements de soins
Les prestations en nature (remboursements médicaments, consultations, hospitalisations) sont identiques à celles des salariés. La CPAM est l'interlocuteur unique pour tout ce qui concerne la carte vitale et les remboursements.
Indemnités journalières maladie
Pour percevoir des indemnités journalières en cas d'arrêt maladie, trois conditions doivent être réunies :
- 12 mois d'affiliation continue dans cette activité
- Incapacité temporaire constatée par le médecin traitant avec arrêt de travail prescrit
- Cessation effective de l'activité pendant la durée de l'arrêt
Un délai de carence de 3 jours s'applique en début d'arrêt. Les IJ sont versées à partir du 4e jour.
Le montant en 2026 dépend des revenus annuels moyens des 3 dernières années civiles transmis par l'URSSAF :
- Revenus > 4 806 €/an (10 % du PASS 2026) : indemnité de 65,84 €/jour (1/730e du PASS)
- Revenus < 4 806 €/an : indemnité réduite à 6,27 €/jour
Le plafond journalier de 65,84 € correspond à 1/730e du PASS 2026 (48 060 €). Pour un auto-entrepreneur qui facture 30 000 €/an, ce plafond s'applique pleinement. Pour un CA de 5 000 €/an avec un abattement de 34 % (BNC), le revenu annuel retenu est de 3 300 €, soit sous le seuil de 4 806 € : l'IJ sera réduite.
La maternité et la paternité de l'auto-entrepreneur
Conditions d'éligibilité
Pour bénéficier des indemnités maternité, l'auto-entrepreneuse doit justifier de 10 mois d'affiliation à la date prévue d'accouchement et cesser toute activité pendant au moins 8 semaines dont 6 après l'accouchement.
L'indemnité journalière d'interruption d'activité
Son montant est identique aux IJ maladie, soit 65,84 €/jour (ou 6,27 €/jour pour les revenus inférieurs à 4 806 €/an). La durée minimale est de 56 jours, pouvant aller jusqu'à :
- 112 jours (cas général)
- 142 jours en cas de grossesse pathologique
- 182 jours avec au moins 2 enfants déjà à charge
- 238 jours pour des jumeaux
- 322 jours pour des triplés ou plus
L'allocation forfaitaire de repos maternel
Son montant est fixé à 4 005 € en 2026 (équivalent au PASS mensuel), versé en deux fois : à la fin du 7e mois puis après l'accouchement. En cas d'adoption, seule la moitié est versée, soit 2 002,50 €.
Pour les revenus inférieurs à 4 005 €/an, le montant est réduit à 10 % du PASS mensuel, soit 400,50 € (200,25 € en cas d'adoption).
Le congé paternité
Les pères auto-entrepreneurs bénéficient des mêmes IJ que pour la maternité (65,84 €/jour). La durée est de 4 jours obligatoires auxquels s'ajoutent 3 jours de congé de naissance et jusqu'à 25 jours supplémentaires (32 en cas de naissances multiples), fractionnables en 3 périodes d'au moins 5 jours chacune.
Les droits à la retraite de l'auto-entrepreneur
Quelle caisse selon l'activité ?
L'affiliation est automatique lors de l'immatriculation :
- SSI (Sécurité Sociale des Indépendants), rattachée au régime général : artisans, commerçants, professions libérales non réglementées
- CIPAV : professions libérales réglementées (architectes, ostéopathes, guides de montagne...)
Valider ses trimestres de retraite en 2026
Les trimestres sont validés en fonction du chiffre d'affaires brut annuel déclaré. La valeur d'un trimestre en 2026 est de 1 803 € de revenu (150 heures × SMIC horaire 12,02 €). Les seuils de CA minimal pour valider 1 à 4 trimestres sont les suivants :
| Type d'activité | 1 trimestre | 2 trimestres | 3 trimestres | 4 trimestres |
|---|---|---|---|---|
| Ventes / hôtellerie-restauration (BIC) | 6 146 € | 12 290 € | 18 435 € | 24 579 € |
| Prestations de services (BIC) | 3 564 € | 7 128 € | 10 692 € | 14 256 € |
| BNC hors CIPAV (libéraux non réglementés) | 2 700 € | 5 400 € | 8 100 € | 10 800 € |
| CIPAV (libéraux réglementés) | 2 694 € | 5 388 € | 8 082 € | 10 776 € |
Attention : ces seuils correspondent au CA brut déclaré, sans abattement. L'abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 %) ne sert qu'au calcul de l'impôt sur le revenu, pas à la validation des trimestres. Un commerçant qui réalise 10 000 € de CA valide seulement 1 trimestre, même si son revenu fiscal après abattement à 71 % est de 2 900 €.
Le calcul de la pension
La pension de retraite de base est calculée sur le modèle du régime général :
Pension = Revenu annuel moyen × 50 % × (trimestres validés / durée de référence)
Le revenu annuel moyen est calculé sur les 25 meilleures années, plafonné au PASS (48 060 € en 2026). La retraite de base ne peut dépasser 2 002,50 €/mois (50 % du PASS mensuel).
La retraite complémentaire fonctionne par points. Elle représente 19,75 % du montant total des cotisations sociales versées. La valeur du point en 2026 est de 21,726 €.
Comment s'inscrire à la sécurité sociale en tant qu'auto-entrepreneur ?
L'affiliation est automatique dès la création de l'auto-entreprise. Les démarches se font entièrement en ligne sur le Guichet Unique (formalites.entreprises.gouv.fr), obligatoire depuis janvier 2023. Il n'y a pas de démarche spécifique à effectuer auprès de la sécurité sociale : c'est l'URSSAF qui transmet les informations aux différents organismes.
Pour suivre votre protection sociale, vos droits et vos relevés de carrière : ameli.fr pour l'assurance maladie, lassuranceretraite.fr pour les droits retraite et points cumulés, et urssaf.fr pour les cotisations.
Le numéro de sécurité sociale (NIR, 15 chiffres) est inscrit sur votre carte vitale. Il est attribué automatiquement. Pour toute démarche liée à la carte vitale, l'interlocuteur est la CPAM.
Ce que personne ne vous dit sur la protection sociale du micro-entrepreneur
Un CA faible aujourd'hui, c'est une retraite famélique demain. Beaucoup d'auto-entrepreneurs ne réalisent pas que leurs cotisations BNC (25,6 %) ou BIC services (21,2 %) ne valident parfois que 1 ou 2 trimestres par an si le CA est modeste. Sur 10 ans d'activité à 15 000 € de CA en prestations BIC, on valide au mieux 28 trimestres. Pour une retraite à taux plein, il en faut 172 pour les générations nées après 1965.
Les IJ maladie sont plafonnées à 65,84 €/jour, soit environ 1 975 €/mois. Pour un auto-entrepreneur qui facture 60 000 €/an (5 000 €/mois net estimé), ce plafond représente moins de 40 % du revenu habituel. Les contrats de prévoyance complémentaire permettent de couvrir cet écart.
L'ACRE réduit les cotisations mais aussi les droits ouverts. Durant la période d'exonération, les cotisations réduites génèrent moins de droits sociaux : moins de trimestres validés, moins de points retraite. C'est un gain de trésorerie immédiat, mais un manque à gagner en droits futurs. À peser selon votre situation.
L'Expert-Comptable.com accompagne les freelances et auto-entrepreneurs dans le choix de leur statut et l'optimisation de leur protection sociale. Nos experts comparent les options selon votre situation réelle. Prenez rendez-vous gratuitement.
Questions fréquentes sur la protection sociale du micro-entrepreneur
Un auto-entrepreneur a-t-il droit aux indemnités chômage ?
Non. L'auto-entrepreneur ne cotise pas à l'assurance chômage et n'a donc pas droit aux allocations de retour à l'emploi (ARE). En revanche, l'Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI) peut être versée en cas de cessation d'activité, sous conditions strictes : CA minimum de 10 000 €/an sur les 2 dernières années et perte de revenus supérieure à 30 %. Son montant est de 26,30 €/jour en 2026.
Peut-on être auto-entrepreneur et salarié simultanément ?
Oui. Le cumul est possible sous conditions. L'impact sur la retraite est limité : le total de trimestres validés reste plafonné à 4 par an, quelle que soit la somme des trimestres issus des deux activités.
L'auto-entrepreneur bénéficie-t-il des allocations familiales ?
Oui, via la CAF, avec les mêmes prestations que les salariés. L'auto-entrepreneur bénéficie également du RSA (sous conditions d'âge, de résidence et de revenus), de la prime d'activité et des APL. Une lettre recommandée à la CAF est nécessaire pour déclarer son statut et joindre le certificat d'inscription au répertoire Sirene.
Comment suivre ses droits retraite en tant qu'auto-entrepreneur ?
Via le site lassuranceretraite.fr (espace personnel), vous consultez votre relevé de carrière et le nombre de trimestres validés. Il est fortement recommandé de le vérifier au moins une fois par an pour détecter toute anomalie.
Sources et références
Entreprendre.service-public.fr — https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23369
Bpifrance-creation.fr — https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/micro-entreprise-regime-auto-entrepreneur/lessentiel-ce-regime/micro-entrepreneurs
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