- Les femmes représentent 33 % des créateurs d'entreprises : cette proportion est stable depuis trois ans malgré une intention de créer supérieure à celle des hommes.
- L'accès au financement reste le frein principal : 53 % des femmes signalent des difficultés à trouver un financement contre 34 % des hommes.
- Le numérique progresse fortement chez les créatrices : la part des femmes dans le secteur tech a bondi de 13,4 points en un an pour atteindre 20,3 %.
- Les prêts d'honneur à taux zéro contournent les obstacles bancaires : Initiative France, France Active et l'Adie financent sans garantie personnelle ni historique bancaire.
- L'accompagnement à la création : L-Expert-Comptable.com accompagne les femmes entrepreneures dans le choix du statut et crée leur société gratuitement.
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L'entrepreneuriat féminin en France : un palier à 33 %
En 2024, les femmes représentent 33,1 % des créateurs d'entreprises en France, une proportion stable pour la troisième année consécutive selon le baromètre annuel Infogreffe/FCE France. Si ce chiffre témoigne d'une progression réelle par rapport aux 30 % des années 2010, il souligne aussi que l'entrepreneuriat féminin a atteint un palier difficile à franchir. Dans le même temps, 48 % des femmes déclarent avoir envie de créer leur entreprise, contre 40 % des hommes (sondage OpinionWay/France Active/FBF 2024) : l'intention est là, les obstacles restent nombreux.
Ce guide fait le point sur la réalité de l'entrepreneuriat féminin en France en 2026 : qui sont les femmes entrepreneures, quels freins persistent, et quelles aides concrètes existent pour les lever.
Portrait des femmes entrepreneures en France en 2024
Le profil de la femme entrepreneuse française a évolué ces dernières années. L'âge moyen est de 41 ans en 2024, en baisse par rapport à 43 ans en 2023, ce qui traduit un accès plus précoce à l'entrepreneuriat. Dans les entreprises individuelles (dont les micro-entreprises), les femmes représentent 43 % des créateurs (INSEE 2024), un niveau nettement plus élevé que dans les sociétés.
Les secteurs d'activité où les femmes sont les plus présentes en 2024 sont les suivants :
| Secteur | Part des femmes parmi les créateurs | Évolution vs 2023 |
|---|---|---|
| Autres services aux ménages (coiffure, esthétique, bien-être...) | 74 % | Stable |
| Santé humaine et action sociale | 72 % | Stable |
| Industrie manufacturière (bijouterie, pâtisserie...) | 64 % | +3,3 pts |
| Autres activités de services (enseignement, accompagnement...) | 52,4 % | Stable |
| Activités immobilières | 39,3 % | Stable |
| Conseil et management | 29,8 % | +4,6 pts |
| Information et communication (tech, numérique) | 20,3 % | +13,4 pts |
| Construction et BTP | < 5 % | Stable |
| Transport | 10,5 % | +1,9 pts |
La progression de +13,4 points dans le numérique entre 2023 et 2024 est le signal le plus encourageant : un secteur longtemps très masculin commence à s'ouvrir, porté par l'essor de l'entrepreneuriat tech, des services numériques et des plateformes en ligne.
Les obstacles persistants : financement, réseaux et freins culturels
L'accès au financement : l'écart structurel le plus documenté
C'est l'obstacle le plus mesuré et le plus persistant. En matière de financement, 53 % des femmes signalent des difficultés à négocier et trouver un financement pour concrétiser leur projet, contre 34 % des hommes. L'écart de 19 points est massif et stable depuis plusieurs années.
Dans le capital-risque, la situation est encore plus marquée : en 2022, seulement 11 % des fonds levés en capital-risque étaient dirigés vers des entreprises fondées par des femmes. Côté crédit bancaire, les données 2024 de la FBF montrent que les femmes entrepreneures représentent 28,4 % des nouveaux crédits accordés aux TPE-PME, une proportion cohérente avec leur représentation parmi les dirigeantes mais qui reflète aussi des montants unitaires plus faibles, les entreprises féminines étant surreprésentées dans les services à faible intensité capitalistique.
Les conséquences sur la taille des projets sont directes. Les entreprises à forte croissance sont deux fois plus souvent celles créées par des hommes, et 26 % des entreprises créées par des femmes avec moins de 1 000 euros au démarrage ont généré moins de 15 000 euros de chiffre d'affaires après trois ans d'activité.
Le capital de départ plus faible des entreprises féminines n'est pas uniquement lié à l'autocensure ou à la préférence pour des projets modestes. Il reflète aussi un accès structurellement inégal au crédit bancaire et au capital-risque. Les réseaux de prêts d'honneur à taux zéro (Initiative France, France Active, Adie) ont précisément été conçus pour pallier ce frein en apportant un premier ticket de financement sans garantie personnelle.
Le manque de réseaux et de mentors
Les réseaux professionnels jouent un rôle décisif dans la levée de fonds et le développement commercial. Or les femmes entrepreneures disposent structurellement de réseaux plus restreints dans les écosystèmes économiques dominants : clubs d'affaires, fédérations professionnelles, associations de dirigeants. Ce déficit de réseau crée un cercle peu vertueux : moins de visibilité, moins d'opportunités commerciales, moins de recommandations auprès des investisseurs.
L'absence de modèles féminins dans certains secteurs contribue également à ce phénomène. En 2024, les femmes représentent toujours 33,1 % des créateurs d'entreprises, une proportion identique à celle observée en 2023 , ce qui confirme que sans action structurelle, la représentation stagne.
Les freins culturels et la charge mentale
Les discriminations liées au genre persistent dans l'écosystème entrepreneurial. Plus de la moitié des femmes engagées dans la création ou la gestion d'entreprise rapportent avoir subi des préjugés liés à leur genre, et dans 41 % des cas, ces discriminations ont eu une influence directe sur leur trajectoire. Ces expériences vont des remarques paternalistes lors de rendez-vous bancaires jusqu'aux comportements inappropriés lors de levées de fonds.
La maternité reste également un sujet sensible : plus d'un tiers des dirigeantes perçoivent la maternité comme un frein à leur engagement professionnel, même si beaucoup soulignent simultanément la flexibilité que confère l'entrepreneuriat. La protection sociale de la dirigeante en cas de maternité (congé maternité, indemnités journalières) est d'ailleurs un point souvent méconnu, que les réseaux d'accompagnement doivent davantage communiquer.
Enfin, l'isolement demeure une réalité documentée. Le baromètre Initiative Île-de-France évalue le sentiment d'isolement des femmes entrepreneures à 5,35 sur 10, un chiffre qui souligne le besoin d'accompagnement collectif et de réseaux d'entraide.
La flexibilité de l'entrepreneuriat est souvent citée comme l'un de ses attraits majeurs pour les femmes : organiser son temps, réduire les déplacements, adapter son activité aux contraintes familiales. 41 % des créatrices d'entreprises ont mis en œuvre des actions visant à rendre leur activité plus écoresponsable, contre 33 % des hommes , preuve que les femmes entrepreneures sont aussi motrices sur les enjeux sociétaux, et pas uniquement freinées par eux.
Les aides et dispositifs spécifiques aux femmes entrepreneures en 2026
Un écosystème de soutien s'est structuré en France pour réduire les inégalités d'accès à l'entrepreneuriat. Voici les principaux dispositifs disponibles en 2026 :
| Dispositif | Nature | Qui peut en bénéficier | Contact / Accès |
|---|---|---|---|
| PAREF (Plans d'Action Régionaux pour l'Entrepreneuriat des Femmes) | Accompagnement, formation, financement régional | Femmes en projet de création ou reprise dans les régions partenaires | Via les CCI, chambres de métiers et Bpifrance régional |
| Prêts d'honneur à taux zéro (Initiative France, France Active, Adie) | Financement sans garantie personnelle, accordé par comité de pairs | Tout porteur de projet, y compris sans historique bancaire | initiative-france.fr, franceactive.org, adie.org |
| French Tech Tremplin | Programme d'accompagnement pour les entrepreneurs sous-représentés dans la tech | 30 % de femmes parmi les bénéficiaires depuis 2019 | Via lafrenchtech.com |
| Entrepreneuriat Quartiers 2030 | Accélération en QPV : 60 % des entreprises accompagnées sont portées par des femmes | Résidents des Quartiers Prioritaires de la Ville | Via Bpifrance et structures locales |
| Activ'Créa (France Travail) | Formation à la création d'entreprise, accès paritaire | Demandeurs d'emploi, y compris les femmes inscrites à France Travail | Via son conseiller France Travail |
| Pass Créa Bpifrance | Accompagnement à la création avec suivi personnalisé | Tout porteur de projet, accès paritaire garanti | Via bpifrance-creation.fr |
| Réseaux dédiés (EWOB, Femmes Business Angels, Be a Boss...) | Réseautage, mentorat, mise en relation avec investisseurs | Femmes entrepreneures ou en projet | Selon le réseau et la région |
En 2024, le collectif Cap Créa (regroupant les principaux réseaux d'accompagnement à la création) a accompagné 82 000 femmes, soit 45 % de son activité globale. Ce ratio témoigne d'un effort réel de parité dans l'accompagnement, même si la phase de financement reste le maillon faible.
Les opportunités à saisir
Derrière les obstacles, les données 2024 pointent aussi des dynamiques positives que les femmes entrepreneures peuvent saisir en 2026.
La progression de la représentation féminine dans le numérique (+13,4 points en un an) confirme que le secteur s'ouvre. Les services numériques, le e-commerce, la formation en ligne, le conseil en transformation digitale et les applications à impact social sont des terrains où les créatrices d'entreprises progressent rapidement et où les barrières à l'entrée en capital restent accessibles.
L'engagement des femmes sur les enjeux d'impact est également un levier de différenciation réel. 41 % des créatrices d'entreprises ont mis en œuvre des actions visant à rendre leur activité plus écoresponsable, contre 33 % des hommes, et en matière d'innovation, les femmes sont tout autant investies que les hommes (36 % contre 38 %). Dans un contexte où les critères ESG deviennent des critères de financement à part entière, cet engagement constitue un avantage concurrentiel croissant.
Enfin, les entreprises dirigées par des femmes continuent de représenter une part significative des défaillances, bien que leur proportion parmi les sociétés radiées ait légèrement diminué à 30 %, soit -0,5 point par rapport à 2023 , signe d'une résilience qui s'améliore.
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Questions fréquentes sur l'entrepreneuriat féminin
Quelle est la part des femmes dans les créations d'entreprises en France en 2026 ?
En 2024, les femmes représentent 33,1 % des créateurs d'entreprises en France (baromètre Infogreffe/FCE France 2024). Ce chiffre est stable depuis 2022-2023. Dans les entreprises individuelles et micro-entreprises, leur part monte à 43 %.
Pourquoi les femmes ont-elles plus de difficultés à financer leurs projets ?
Les causes sont multiples : autocensure sur les montants demandés, moindre présence dans les réseaux bancaires et d'investisseurs, secteurs d'activité majoritairement féminins moins capitalistiques, et biais implicites des comités d'attribution. Les prêts d'honneur à taux zéro des réseaux associatifs (Initiative France, France Active) sont précisément conçus pour contourner ces obstacles.
Quelles aides financières existent spécifiquement pour les femmes créatrices d'entreprise ?
Les PAREF (Plans d'Action Régionaux pour l'Entrepreneuriat des Femmes) coordonnent au niveau régional les aides de l'État, des régions et des partenaires bancaires. Les réseaux Initiative France, France Active et l'Adie proposent des prêts d'honneur à taux zéro sans garantie personnelle. Bpifrance déploie également des Pass Créa et des formations Activ'Créa en partenariat avec France Travail.
Dans quels secteurs les femmes sont-elles les plus représentées parmi les créateurs d'entreprise ?
Les secteurs les plus féminisés en 2024 sont la santé et l'action sociale (72 %), les services aux ménages comme la coiffure ou l'esthétique (74 %), l'industrie manufacturière artisanale (64 %) et les autres services (52,4 %). Le numérique progresse fortement (+13,4 points en un an) mais reste minoritaire à 20,3 %.
La maternité est-elle compatible avec l'entrepreneuriat ?
Oui. La dirigeante assimilée-salariée (SASU, SAS) bénéficie du même régime de congé maternité que les salariées : indemnités journalières versées par la CPAM pendant la période légale. La gérante majorataire (SARL, EURL) relève du régime TNS avec des indemnités calculées sur le revenu net et un congé de 8 semaines minimum. La flexibilité de l'organisation du travail que permet le statut de dirigeante est souvent citée comme un avantage concret pour concilier maternité et activité.
Comment rejoindre un réseau de femmes entrepreneures ?
Plusieurs réseaux nationaux sont accessibles : Initiative France (clubs locaux mixtes avec accompagnement), France Active, Be a Boss (forums régionaux annuels), les CCI régionales et leurs clubs de dirigeantes, et les Femmes Business Angels pour accéder à des investisseurs. La plateforme bpifrance-creation.fr centralise également une carte des réseaux d'accompagnement par région.
Sources et références
Direction générale des Entreprises (DGE) : Baromètre sur l'entrepreneuriat des femmes en France, édition 2025
Fédération Bancaire Française : Accès au financement des femmes entrepreneures, 2025
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