- L'exonération du conjoint : le conjoint et le partenaire de PACS ne paient aucun droit de succession, quel que soit le montant.
- L'abattement en ligne directe : chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € par parent, renouvelé tous les 15 ans.
- L'abattement pour handicap : un héritier handicapé bénéficie de 159 325 € de plus, à cumuler avec son abattement de parenté.
- La règle des 15 ans : les abattements se reconstituent intégralement passé ce délai, permettant des donations répétées sans impôt.
- Succession et patrimoine : L-Expert-Comptable.com oriente ses clients vers son partenaire Monee pour planifier leur succession.
Noté 4,9/5
Abattements succession 2026 : ce qui réduit réellement votre facture fiscale
Avant de calculer les droits de succession, l'administration fiscale applique des abattements personnels sur la part nette revenant à chaque héritier. Ces abattements dépendent du lien de parenté avec le défunt et de la situation personnelle du bénéficiaire. Connaître leurs montants exacts permet d'anticiper ce que chaque héritier devra effectivement payer, et d'organiser en amont des transmissions qui limitent l'imposition.
Premier point fondamental, souvent ignoré : le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession. Pour eux, aucun calcul d'abattement n'est nécessaire.
Tableau récapitulatif des abattements en vigueur en 2026
| Lien avec le défunt | Abattement 2026 | Remarque |
|---|---|---|
| Conjoint survivant ou partenaire de PACS | Exonération totale | Aucun droit de succession |
| Enfant (vivant ou représenté) | 100 000 € | Par parent et par enfant |
| Père ou mère | 100 000 € | Par enfant et par parent |
| Petit-enfant | 31 865 € | En représentation d'un enfant prédécédé ou en direct |
| Arrière-petit-enfant | 5 310 € | |
| Frère ou sœur | 15 932 € | Exonération totale possible sous conditions (voir ci-dessous) |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | |
| Personne handicapée (supplément) | 159 325 € | Cumulable avec l'abattement lié au lien de parenté |
| Absence de lien de parenté (tiers) | 1 594 € | Abattement minimum par défaut |
Les abattements sont rechargés tous les 15 ans. Si vous avez déjà bénéficié d'un abattement dans le cadre d'une donation du même donateur, son montant est réduit de ce qui a déjà été utilisé. Passé 15 ans, vous repartez d'un abattement complet.
L'abattement en ligne directe : 100 000 € par enfant et par parent
L'abattement en ligne directe s'applique à la part revenant à chaque enfant ou à chaque ascendant (père, mère). Son montant est de 100 000 € par bénéficiaire, pour les successions ouvertes en 2026.
Cet abattement est personnel et non transférable : si un héritier ne l'utilise pas en totalité, la fraction non utilisée ne profite pas aux autres héritiers.
Exemple : un patrimoine net de 600 000 € est partagé entre 4 enfants. Chaque enfant reçoit 150 000 €. Après application de l'abattement de 100 000 €, chacun est imposé sur 50 000 € seulement, au barème progressif en ligne directe.
En cas de prédécès ou de renonciation d'un enfant, l'abattement qui lui aurait été applicable se divise entre ses propres descendants (petits-enfants du défunt) selon les règles de la dévolution légale. Les petits-enfants héritant par représentation bénéficient ainsi du même abattement de 100 000 € que leur parent aurait eu.
L'exonération du conjoint survivant et du partenaire de PACS
Le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés de droits de succession, sans plafond ni condition de montant. Cette exonération a été instaurée par la loi TEPA du 21 août 2007 et reste en vigueur en 2026.
Cette exonération ne s'applique pas aux concubins : un concubin héritier est taxé au taux de 60 % sur la valeur des biens reçus, après un abattement de seulement 1 594 €.
L'abattement entre frères et sœurs, et son exonération possible
Les successions entre frères et sœurs bénéficient d'un abattement de 15 932 € par bénéficiaire.
Une exonération totale est toutefois possible si les trois conditions suivantes sont remplies simultanément :
- Le frère ou la sœur est célibataire, veuf(ve), divorcé(e) ou séparé(e) au moment du décès
- Il ou elle est âgé(e) de plus de 50 ans ou handicapé(e) au moment du décès
- Il ou elle a été constamment domicilié(e) avec le défunt pendant les 5 années précédant le décès
Si ces trois conditions sont réunies, aucun droit n'est dû, quelle que soit la valeur des biens transmis.
L'abattement spécifique aux personnes handicapées
Les héritiers atteints d'un handicap physique ou mental les rendant incapables de travailler dans des conditions normales de rentabilité bénéficient d'un abattement spécifique de 159 325 €. Cet abattement est cumulable avec l'abattement lié au lien de parenté.
Ainsi, un enfant en situation de handicap peut bénéficier d'un abattement total de :
100 000 € (ligne directe) + 159 325 € (handicap) = 259 325 €
L'abattement handicap de 159 325 € s'applique également aux donations entre vifs, pas uniquement aux successions. Il est renouvelé tous les 15 ans indépendamment de l'abattement de parenté.
L'abattement pour dons à certains organismes
Les héritiers qui donnent à certains organismes d'intérêt général les biens issus de la succession peuvent bénéficier d'une réduction de l'assiette taxable. Les organismes concernés sont notamment les fondations reconnues d'utilité publique, certaines associations et les organismes de droit public.
Ce don doit être effectué à partir des biens reçus du défunt. La réduction vient s'ajouter aux autres abattements applicables. Sa mise en œuvre nécessite des justificatifs précis à joindre à la déclaration de succession.
Le barème progressif applicable après abattements
Une fois l'abattement déduit, le solde imposable est soumis à un barème progressif dont les taux varient selon le lien de parenté.
Héritiers en ligne directe (enfants, parents, petits-enfants…)
| Fraction de part taxable | Taux applicable |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| Entre 8 072 € et 12 109 € | 10 % |
| Entre 12 109 € et 15 932 € | 15 % |
| Entre 15 932 € et 552 324 € | 20 % |
| Entre 552 324 € et 902 838 € | 30 % |
| Entre 902 838 € et 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Frères et sœurs
| Fraction de part taxable | Taux applicable |
|---|---|
| Jusqu'à 24 430 € | 35 % |
| Au-delà de 24 430 € | 45 % |
Autres héritiers
- Parents jusqu'au 4e degré (oncles, tantes, cousins germains) : 55 %
- Héritiers sans lien de parenté (y compris concubins) : 60 %
La règle des 15 ans : un levier d'optimisation souvent sous-estimé
Les abattements successoraux sont communs aux successions et aux donations. Un abattement utilisé lors d'une donation réduit d'autant celui disponible à la succession, si moins de 15 ans se sont écoulés entre la donation et le décès.
Au-delà de 15 ans, l'ardoise est effacée : l'héritier bénéficie de nouveau de l'abattement complet, comme si aucune donation antérieure n'avait eu lieu.
Cette règle est le fondement de la stratégie de donation par tranches : transmettre 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans permet de transmettre un patrimoine important en franchise totale d'impôt sur plusieurs générations. Un couple peut ainsi transmettre 200 000 € à chaque enfant (100 000 € de chaque parent) tous les 15 ans, soit potentiellement 400 000 € sur 30 ans sans aucun droit.
Combinée avec les donations de sommes d'argent (jusqu'à 31 865 € par enfant exonérés sous conditions, renouvelables tous les 15 ans), la stratégie de transmission progressive peut couvrir une large partie d'un patrimoine familial moyen sans fiscalité.
Exemple chiffré complet : succession d'un parent avec trois enfants
Un père décède en 2026 et laisse un actif net successoral de 750 000 €, partagé en parts égales entre ses trois enfants.
| Étape | Calcul | Montant par enfant |
|---|---|---|
| Part brute | 750 000 € / 3 | 250 000 € |
| Abattement en ligne directe | 100 000 € par enfant | - 100 000 € |
| Part taxable | 250 000 € - 100 000 € | 150 000 € |
| Calcul des droits (barème) | 5 % × 8 072 € + 10 % × 4 037 € + 15 % × 3 823 € + 20 % × 134 068 € | environ 31 194 € |
Si le père avait réalisé une donation de 100 000 € à chaque enfant plus de 15 ans avant son décès, l'abattement serait de nouveau disponible en totalité. En revanche, si la donation date de moins de 15 ans, l'abattement à la succession serait nul ou réduit.
Anticiper sa succession : les questions à poser à son expert-comptable ou notaire
La succession est un sujet qui se prépare, pas qui se subit. Quelques questions concrètes permettent d'identifier les leviers disponibles.
- Ai-je déjà fait des donations à mes héritiers ? Il y a combien d'années ? Les abattements sont-ils encore disponibles ou ont-ils été consommés ?
- Mon conjoint est-il protégé par une donation entre époux pour maximiser ses droits au-delà de la part légale ?
- Est-il opportun de commencer des donations dès maintenant pour démarrer le délai de 15 ans ?
- Y a-t-il un héritier en situation de handicap dans ma famille, pouvant bénéficier de l'abattement supplémentaire ?
- Des biens professionnels sont-ils transmissibles sous Pacte Dutreil, qui offre une exonération de 75 % de la valeur transmise ?
- L'assurance-vie a-t-elle été optimisée ? Les primes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement spécifique de 152 500 € par bénéficiaire, hors succession.
L'assurance-vie reste le meilleur outil de transmission hors succession : les capitaux versés aux bénéficiaires ne font pas partie de l'actif successoral pour les primes versées avant 70 ans, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique à l'ensemble des contrats.
Questions courantes sur les abattements de succession
Quel est l'abattement pour un enfant en 2026 ?
L'abattement applicable à la part revenant à chaque enfant est de 100 000 € en 2026. Ce montant est personnel : il s'applique par couple parent-enfant et ne peut pas être transféré à un autre héritier. Il est renouvelable tous les 15 ans et s'applique aussi bien aux successions qu'aux donations.
Le conjoint paie-t-il des droits de succession ?
Non. Le conjoint survivant est totalement exonéré de droits de succession depuis 2007, sans condition de montant. Cette exonération s'applique également au partenaire lié par un PACS. En revanche, le concubin n'en bénéficie pas et est taxé à 60 % après un abattement de seulement 1 594 €.
Peut-on cumuler plusieurs abattements ?
Oui, sous conditions. L'abattement spécifique aux personnes handicapées (159 325 €) se cumule avec l'abattement lié au lien de parenté. L'abattement pour dons à certains organismes se cumule également avec les abattements personnels. En revanche, un héritier ne peut pas bénéficier de deux abattements de parenté distincts pour la même succession.
Comment fonctionne la règle des 15 ans ?
Les donations antérieures effectuées par le même donateur au même bénéficiaire sont rapportées fiscalement à la succession si elles datent de moins de 15 ans. L'abattement successoral est alors réduit de la fraction déjà utilisée lors des donations. Au-delà de 15 ans, les donations antérieures ne sont plus prises en compte et l'abattement est reconstitué en totalité.
Quel abattement pour un neveu ou une nièce ?
L'abattement applicable à la part revenant à un neveu ou une nièce est de 7 967 € en 2026. Le surplus est imposé au taux de 55 %. Ce faible abattement rend particulièrement utile de recourir à des donations anticipées, ou à l'assurance-vie, pour transmettre un patrimoine important à un neveu ou une nièce.
Qu'est-ce que l'abattement par défaut de 1 594 € ?
Lorsqu'aucun abattement spécifique ne peut s'appliquer, notamment entre des personnes sans lien de parenté (amis, concubins non pacsés), un abattement minimum de 1 594 € est appliqué sur la part reçue. Le solde est ensuite taxé au taux de 60 %. C'est le taux le plus élevé du barème successoral.
Les droits de succession sont-ils les mêmes pour les donations ?
Oui, en grande partie. Les mêmes abattements et les mêmes barèmes s'appliquent aux donations et aux successions. La différence principale est que les donations antérieures de moins de 15 ans sont rapportées à la succession pour le calcul des droits, afin d'éviter que l'on fragmente une transmission pour bénéficier plusieurs fois des abattements et des premières tranches du barème.
Sources et références
Impots.gouv.fr — https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-dois-je-calculer-les-droits-de-succession
Impots.gouv.fr — https://www.impots.gouv.fr/particulier/declarer-une-succesion
Impots.gouv.fr — https://www.impots.gouv.fr/particulier/calcul-et-paiement-des-droits
Résumer cet article avec :
- ChatGPT
- Perplexity


Questions & réponses