Le suicide fiscal français

Mis à jour le 18/12/2013

Il faut réduire les déficits. Cet objectif confinant au mantra semble constituer une obligation pour ne pas subir un sévère déclassement. Toutefois, deux leviers sont utilisables pour atteindre celui-ci : la baisse des dépenses publiques et la hausse des impôts. Le nouveau gouvernant semble vouloir favoriser cette seconde option...

Donnez une note à cet article : 

Your rating: Aucun(e)

3

Moyenne: 3 (10 votes)

Notes : 3 (10 votes)
Donnez une note à cet article : 

Your rating: Aucun(e)

3

Moyenne: 3 (10 votes)

Le suicide fiscal français : la théorie du bouc émissaire

Selon René Girard, l’être humain ne désire pas de manière linéaire mais par mimétisme. Ainsi, on va désirer un objet parce qu’une autre personne le possède.

Pour illustrer trivialement ce propos, prenons l’exemple de deux enfants réunis dans une  grande chambre remplie de jouets. Malgré l’abondance des objets présents, ils risquent de se disputer pour un jouet particulier, qu’ils désireront tous les deux.

Ce mécanisme pourra, dans une société, provoquer de véritables crises mimétiques générant des ressentiments insolubles et par voie de conséquent, des conflits violents. Ceux-ci pourront être temporairement résolus par le phénomène du bouc émissaire : un groupe ou une personne sera désigné comme responsable des maux frappant la société et sera sacrifié afin d’apaiser les tensions parcourant celle-ci.

Dans un pays comme la France où l’égalité est sanctifiée, les crises mimétiques sont particulièrement violentes, puisque les comparaisons entre individus ou groupes sociaux sont renforcées, en particulier en période de crise. 

Ainsi, le sacrifice d’un bouc émissaire devient nécessaire pour assurer l’équilibre de la société et juguler les ressentiments.

Ce sacrifice ne peut être fait dans le sang et prend la forme de l’échafaud fiscal. Ainsi, on va surimposer les individus considérés comme riches pour calmer les tensions psychologiques des personnes plus modestes. Ces derniers auront l’impression que la justice a été rétablie.

Le suicide fiscal français : la portée du programme Hollande

Toutefois, dans un monde ouvert comme le notre, une telle logique peut s’avérer particulièrement néfaste pour l’économie, provoquant perte de productivité et délocalisations.

De ce fait le programme fiscal du Président Hollande risque de porter un coup fatal à une économie déjà très affaiblie par la crise financière.

Prenons les 3 mesures suivantes : le retour à l’ancien barème de l’ISF, la création d’une tranche de l’IR de 75% (plus 15% de prélèvements sociaux) et la suppression de l’abattement de 40%.

Imaginons un contribuable dont le patrimoine est supérieur à 16 000 000 euros et dont les revenus sont supérieurs à 1000 000 euros. Dans ce cas, tout nouvel investissement sera soumis à l’ISF au taux de 1,8% et les produits de cet investissement seront imposés à un taux global de près de 90% (IR + prélèvements sociaux), sans compter l’impôt sur les sociétés s’il s’agit de dividendes. Ainsi, pour payer l’ISF généré par cet investissement, celui-ci devra avoir un taux de rentabilité annuel net de près de 20% !

On peut ainsi voir le caractère pernicieux de telles mesures, qui viendront tuer dans l’œuf tout investissement en France.

En effet quel investisseur acceptera un matraquage aussi inique alors qu’il peut réaliser des placements ailleurs ?

Ainsi, pour satisfaire les lubies de nos concitoyens, dont la relation à l’argent est quasi pathologique, le nouveau gouvernement risque de détruire un peu plus notre économie déjà déclinante. 

Ou comment enfoncer un peu plus une nation autrefois prospère…

Donnez une note à cet article : 

Your rating: Aucun(e)

3

Moyenne: 3 (10 votes)

Commentaires

Pas de commentaire pour cet article !

Besoin d'un expert comptable ?
  • Votre entreprise est-elle déjà créée ?
  • Quel est votre secteur d'activité ?
  • Votre nom :
  • Votre téléphone :

Newsletter

Besoin d'un expert comptable ? Cliquez ici